Santé et territoire : une approche innovante pour établir un lien entre la santé et les caractéristiques environnementales et sociales des territoires et prévoir les effets d’entraînement

Prochain Atelier le mercredi 06 juillet de 9h à 12h.
Rendez-vous salle 60, bâtiment Thémis, Campus Lyon Tech La DOUA.

Ce programme repose sur le paradigme selon lequel les inégalités territoriales (géographiques, environnementales, socioculturelles et socio-économiques) génèrent des paysages hétérogènes quant à l’exposition aux contaminants chimiques et aux organismes vivants, l’accès à la nourriture, à l’information, à l’éducation, aux soins de santé…, et que cela influence le bien-être et l’émergence de maladies. L’objectif est de comprendre comment certains territoires permettent (ou non) le maintien d’une bonne santé ; et inversement, comment les crises sanitaires affectent le fonctionnement et la qualité des territoires. Cette approche territoriale systémique sera centrale dans ce programme et fournira à tous les programmes déployés dans SHAPE de disposer d’une description et de proposer des analyses de la diversité des déterminants sociaux et environnementaux de la santé.

Lyon est particulièrement bien placée pour développer ce programme. Par exemple, près de 1 000 chercheurs au sein de la Fédération de recherche « Biodiversité, eau, environnement, ville et santé », le LabEx IMU, l’EUR H2O’Lyon et un partenariat dans le PEPR  » One Water  » se mobilisent déjà pour travailler sur l’étude de l’urbanisation et de la santé des socio-écosystèmes. L’hôpital, les services vétérinaires et les partenaires (CIRC/OMS) ont l’expertise sur la collecte, l’accès et l’utilisation des données de santé, y compris les cohortes, les données de santé publique et de santé publique vétérinaire.

L’objectif est de permettre que les interventions de santé et de santé publique soient mises en œuvre localement et adaptées à l’hétérogénéité des territoires et des déterminants de santé. Nous visons donc à explorer trois thèmes :

  1. Analyser les relations entre les variables sociales, psychosociales, environnementales et sanitaires, par l’intégration des données sanitaires (incidence, mortalité, qualité de vie), socio-économiques (croyances, acceptation des politiques publiques, pauvreté, nutrition) et écologiques (polluants, biodiversité, pathogènes et hôtes/vecteurs de maladies, accès à la nature, éducation et information). Il s’agira d’analyser et de décrire les principaux déterminants socio-environnementaux de la santé. 

  2. Évaluer les processus sous-jacents et les capacités inégales des territoires à produire les conditions d’une amélioration de la santé : appréhender les impacts de l’aménagement et de la gestion du territoire sur les systèmes socio-écologiques pertinents pour la santé ; les impacts des dynamiques socio-économiques et des politiques locales sur les déterminants sociaux de la santé. Les caractéristiques des territoires révélées par cette approche pourraient être très différentes des typologies classiques et ainsi conduire à de nouvelles hypothèses concernant la dynamique des inégalités de santé.

  3. Élargir et aborder le concept de spillover utilisé dans la recherche en santé, en élargissant son champ d’application aux maladies non infectieuses (MNI), dans le but d’explorer les liens possibles entre certaines maladies et des facteurs socio-écologiques. Il s’agira d’étudier de manière concomitante les maladies infectieuses et les MNI, en partant du principe selon lequel les facteurs participant au spillover peuvent être partagés entre les maladies et le fait que les maladies elles-mêmes font partie du paysage. Cette intégration constitue en soi une approche innovante et transformatrice.

Ce programme devrait générer des avancées majeures quant à la compréhension et la prédiction du rôle de l’aménagement du territoire, de la gestion des écosystèmes et des organisations sociales, et de leur dynamique, sur diverses facettes des territoires de santé le long d’un continuum d’anthropisation.